C'est un fait admis, reconnu, évident: Internet a révolutionné notre façon de communiquer. Mais mesure-t-on bien l'ampleur de l'impact du phénomène? Communiquer, c'est — entre autres — informer. Et certains feraient mieux de se mettre rapidement au diapason car, à l'ère où une nouvelle fait le tour de la planète en moins d'une heure, ils pourraient trouver le réveil brutal.
Prenons l'exemple de Monsieur Jean-Claude Derey. J'avoue que jusqu'à tout récemment, je n'avais jamais entendu parler du bonhomme. Paraît qu'il est écrivain. Comme quoi le statut d'auteur et celui de pauvre cave ne sont pas incompatibles.
L'histoire est banale quand on y pense. Une blogueuse nommée Cynthia a l'habitude de partager ses avis, ses opinions, ses coups de cœur / de gueule avec son lectorat au sujet des livres qu'elle lit. Or, Monsieur Derey n'aurait semble-t-il pas beaucoup prisé les commentaires de cette lectrice au sujet d'un de ses romans. Jusque là, tout baigne et chacun demeure dans son bon droit d'exprimer ses opinions, voire même d'en débattre. L'ennui, c'est que l'auteur en question s'y est pris si maladroitement, faisant preuve d'une telle bêtise, d'une telle méchanceté et d'une telle agressivité que l'anecdote fait maintenant boule de neige.
Pour les détails, je vous invite fortement à lire le billet suivant : L'homme est un animal doué de raison (quoique)
Le temps de le dire, les commentaires de soutien de lecteurs scandalisés s'accumulent, une page d'info est créée sur Facebook et Twitter se charge du reste. Le tout, bien sûr, sur une échelle exponentielle.
Je n'ai pas lue la critique initiale du roman de M. Derey. De toute façon, c'est inutile. Même si celle-ci avait été ordurière au possible (ce dont je doute), je me serais attendu d'un écrivain d'expérience, qu'il prenne la chose avec intelligence et qu'il fasse connaître ses griefs avec une élégance efficace, à la Cyrano de Bergerac (je me les sers moi-même avec assez de verve mais je ne permets pas que d'autres me les servent). Au lieu de ça, Derey donne allègrement dans le "gazouillis de pétasse" et autres "votre esprit de moineau qui fait ses gammes".
Navrant, affligeant, pathétique.
Résultat, à l'ère des communications instantanées, j'apprends l'existence de cet écrivain de cette façon-là et me promets bien de ne jamais ouvrir un de ses bouquins. Et je vous garantis que je ne suis pas le seul.
Belle pub, Monsieur Derey. Chapeau. Tout ça pour déverser votre fiel sur une demoiselle qui n'a rien fait d'autre qu'exprimer ses opinions en précisant clairement qu'elle n'est pas une critique professionnelle et que celles-ci n'engagent qu'elle-même.
J'ignore si, du haut de sa suffisance, le sieur Derey tape toujours ses écrits à la dactylo, mais il aurait tout intérêt à se familiariser avec les médiums de communications modernes. À défaut de lui procurer l'intelligence nécessaire à s'exprimer correctement et avec pertinence, ça lui apprendrait au moins à garder son fiel par devers lui.

2 cyberblabla(s):
La réaction plus modérée de l'éditeur ouvre d'autres débats (le blogueur est-il lié par un contrat moral à l'auteur dont il parle ? Se doit-il du coup d'altérer son propre jugement pour aller dans son sens ? L'opinion d'un critique pro est-elle plus digne de considération que celle d'un amateur éclairé ?). Ce qui est certain, c'est que ce buzz risque malgré nous de servir la cause de l'auteur, qui était en perte de vitesse.
Dans l'histoire, on se retrouve un peu dindons de la farce. Mais ça fait du bien de réagir devant l'imbécillité crasse d'un Néanderthalien.
J'ai bien vu que certains soulevaient l'hypothèse du coup publicitaire. Honnêtement, je n'y crois pas, Al. D'une part, il y aurait long à dire au sujet de gens qui, ayant pris connaissance des propos de l'auteur, auraient envie d'acheter ses romans par la suite. Il y aura toujours des gens comme ça, mais ils ne forment pas une majorité.
D'autre part, peu importent ses motifs, peu importent les arguments de l'éditeur ou de tout autre partie, et quand bien même la critique aurait été écrite par un professionnel, à mon avis rien n'excuse la forme adoptée par Derey.
Ce type s'est planté, voilà tout.
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